Comment les infrarouges lointains agissent ils sur notre organisme ?

Publié le 16 août 2026 à 13:40

Les infrarouges lointains, également appelés FIR (Far Infrared Rays), sont aujourd’hui utilisés dans les saunas infrarouges, les équipements de récupération sportive et différentes pratiques dédiées au bien-être.

Leur particularité ? Contrairement à un chauffage classique qui réchauffe principalement l’air environnant, le rayonnement infrarouge transmet de l’énergie aux tissus et provoque une réponse thermique de l’organisme.

Cette chaleur peut entraîner différents changements physiologiques : augmentation du débit sanguin cutané, vasodilatation, transpiration et activation de mécanismes cellulaires liés au stress thermique.

Mais que se passe-t-il exactement dans notre corps lorsque nous sommes exposés aux infrarouges lointains ?

Qu’est-ce que l’infrarouge lointain ?

Le rayonnement infrarouge est une forme de rayonnement électromagnétique invisible à l’œil humain, mais que nous pouvons percevoir sous forme de chaleur.

Les infrarouges lointains occupent une partie du spectre infrarouge et sont notamment étudiés pour leurs interactions avec les molécules biologiques et les tissus.

Notre corps lui-même émet naturellement un rayonnement infrarouge en raison de sa température.

Lors d’une exposition à une source FIR, l’énergie absorbée contribue à augmenter localement la température des tissus. L’organisme réagit alors comme il le fait face à d’autres formes de chaleur : les vaisseaux sanguins se dilatent, la circulation cutanée augmente et différents mécanismes de thermorégulation se mettent en place.

C’est cette combinaison d’effets thermiques et de réponses biologiques qui intéresse aujourd’hui les chercheurs.

Les infrarouges lointains pénètrent ils réellement en profondeur ?

On entend souvent dire que les infrarouges lointains « pénètrent profondément dans le corps ».

Cette affirmation mérite d’être nuancée.

Les FIR sont fortement absorbés par l’eau présente dans les tissus. Leur pénétration électromagnétique directe est donc relativement superficielle. En revanche, la chaleur produite à la surface peut ensuite être transmise aux tissus plus profonds par conduction et par l’augmentation de la circulation sanguine.

Autrement dit, il faut distinguer la profondeur de pénétration du rayonnement lui-même de la diffusion secondaire de ses effets thermiques.

C’est notamment cette réponse globale à la chaleur qui pourrait expliquer plusieurs des bénéfices associés aux séances infrarouges.

1. Une action sur les molécules d’eau et les membranes cellulaires

Notre organisme est composé en grande partie d’eau. Or, les longueurs d’onde infrarouges interagissent fortement avec les molécules d’eau présentes dans les tissus.

L’absorption de cette énergie provoque une augmentation de l’agitation moléculaire et participe à l’échauffement des tissus.

Des travaux expérimentaux étudient également la manière dont ces phénomènes pourraient influencer les membranes cellulaires, certains canaux ioniques et différentes voies de signalisation intracellulaire.

Le calcium intracellulaire, par exemple, joue un rôle majeur dans de nombreuses fonctions cellulaires.

Ces mécanismes sont toutefois complexes : il serait trop simpliste d’attribuer tous les effets des FIR à une action directe sur les cellules. Une partie importante des bénéfices observés peut également provenir de la réponse physiologique générale à la chaleur.

2. Une stimulation de la circulation sanguine

C’est probablement l’un des effets les plus faciles à comprendre.

Lorsque la température augmente, l’organisme cherche à évacuer l’excès de chaleur. Les vaisseaux sanguins proches de la peau se dilatent et le débit sanguin cutané augmente.

Cette vasodilatation améliore temporairement la circulation périphérique.

L’oxyde nitrique, ou NO, joue un rôle important dans la régulation du diamètre des vaisseaux sanguins. Plusieurs recherches sur les thérapies thermiques et infrarouges s’intéressent donc à leur influence sur les mécanismes associés au NO et à la fonction endothéliale.

Une meilleure circulation peut contribuer à augmenter l’apport en oxygène et en nutriments aux tissus et participe probablement à la sensation de détente ressentie pendant et après une séance.



3. Mitochondries et production d’énergie : que sait-on ?

Les mitochondries sont souvent décrites comme les centrales énergétiques de nos cellules.

Elles utilisent notamment l’oxygène et les nutriments pour produire de l’ATP, la principale molécule énergétique utilisée par l’organisme.

Certaines études expérimentales suggèrent que l’exposition infrarouge et le stress thermique pourraient influencer le fonctionnement mitochondrial et plusieurs voies impliquées dans le métabolisme énergétique.

C’est un domaine particulièrement intéressant pour la recherche sur la récupération et la physiologie cellulaire.

Il faut néanmoins rester prudent : affirmer qu’une séance d’infrarouges « donne directement plus d’énergie aux cellules » est une simplification. Les effets dépendent notamment de la longueur d’onde utilisée, de l’intensité, de la durée d’exposition et du tissu concerné.

4. Stress oxydatif et inflammation

Notre métabolisme produit naturellement des molécules appelées espèces réactives de l’oxygène (ROS).

En quantité normale, elles participent à différents mécanismes biologiques. Lorsqu’elles deviennent trop abondantes par rapport aux capacités antioxydantes de l’organisme, on parle de stress oxydatif.

L’exposition contrôlée à la chaleur peut provoquer une réponse adaptative de l’organisme et influencer certains systèmes antioxydants.

Des études ont ainsi observé des modifications de marqueurs associés au stress oxydatif et à l’inflammation après certaines formes de thermothérapie.

Cela pourrait participer à certains effets observés sur la récupération et le confort musculaire.

Mais là encore, les résultats varient selon les protocoles et ne signifient pas que les infrarouges constituent un traitement universel contre l’inflammation.

5. Les protéines de choc thermique : une réponse naturelle de protection

L’exposition à la chaleur entraîne également la production de protéines de choc thermique, connues sous le nom de Heat Shock Proteins ou HSP.

Ces protéines jouent un rôle essentiel dans la protection des cellules.

Elles participent notamment au maintien et à la réparation des protéines cellulaires lorsqu’un organisme subit un stress.

Différentes voies de signalisation impliquées dans l’inflammation, la prolifération et la réparation cellulaire sont également étudiées dans le contexte de l’exposition thermique et infrarouge.

Cette réponse adaptative constitue l’une des pistes permettant de comprendre pourquoi une exposition raisonnable et contrôlée à la chaleur peut produire des effets physiologiques dépassant la simple sensation de chaleur.

Quels sont les principaux bienfaits recherchés ?

Les différents mécanismes précédents permettent de mieux comprendre pourquoi les infrarouges lointains sont utilisés dans plusieurs domaines.

Améliorer la circulation

La chaleur entraîne une vasodilatation et une augmentation du débit sanguin cutané.

Cette réponse peut favoriser la circulation périphérique et contribuer à l’apport d’oxygène et de nutriments vers les tissus.

C’est l’un des principaux effets physiologiques associés à une séance de sauna ou de chaleur infrarouge.

Favoriser la récupération musculaire

Les infrarouges sont particulièrement populaires auprès des sportifs.

La chaleur favorise la relaxation musculaire et l’augmentation locale de la circulation sanguine. Certaines études suggèrent également un intérêt potentiel pour la récupération neuromusculaire et la réduction des courbatures après l’effort.

Une séance peut donc s’intégrer à une stratégie globale de récupération, aux côtés du sommeil, de l’hydratation, de l’alimentation et d’une programmation adaptée de l’entraînement.

Soulager certaines douleurs musculaires et articulaires

La chaleur est utilisée depuis longtemps pour améliorer le confort musculaire.

Elle peut contribuer à détendre les muscles, diminuer temporairement certaines sensations de raideur et améliorer le confort articulaire.

Les thérapies infrarouges ont ainsi été étudiées dans différentes situations impliquant des douleurs chroniques ou musculo-articulaires.

Il ne faut toutefois pas appliquer systématiquement de chaleur sur toutes les douleurs. Une blessure aiguë ou une inflammation récente peut nécessiter une approche différente.

Favoriser la détente et le bien-être

Une séance d’infrarouges ne produit pas uniquement des effets physiques.

Le fait de rester plusieurs minutes dans un environnement chaud et calme favorise naturellement la relaxation.

Certaines recherches sur la thermothérapie s’intéressent également à ses effets sur le système nerveux autonome, le stress, la fatigue et la qualité du sommeil.

Pour de nombreux utilisateurs, la sensation de détente constitue d’ailleurs l’un des bénéfices les plus immédiatement perceptibles.

Soutenir les mécanismes naturels de récupération

En provoquant un stress thermique modéré, la chaleur déclenche différentes réponses d’adaptation.

L’augmentation de la circulation, la production de protéines de choc thermique et les modifications de certaines voies inflammatoires pourraient notamment participer aux mécanismes naturels de récupération de l’organisme.

Cela ne signifie pas que les infrarouges « réparent » directement les tissus. Ils peuvent plutôt créer un environnement physiologique susceptible d’accompagner certains processus naturels de récupération.

Sauna infrarouge : pourquoi attire-t-il autant ?

Le sauna infrarouge est probablement l’application la plus connue des FIR.

Contrairement au sauna traditionnel, qui utilise généralement un environnement très chaud pour chauffer le corps, les cabines infrarouges peuvent fonctionner à des températures ambiantes plus modérées.

Pour certaines personnes, cette chaleur est plus facile à supporter.

La transpiration peut néanmoins être importante, car le corps doit toujours réguler sa température.

C’est pourquoi une bonne hydratation avant et après la séance reste essentielle.

Infrarouges lointains : une aide complémentaire, pas une solution miracle

Les recherches sur les infrarouges lointains et les thérapies thermiques mettent en évidence plusieurs mécanismes physiologiques intéressants.

La circulation sanguine, la réponse au stress thermique, la relaxation musculaire et certaines adaptations cellulaires constituent aujourd’hui des pistes sérieuses permettant d’expliquer une partie des bénéfices observés.

En revanche, il faut se méfier des promesses excessives.

Les infrarouges ne remplacent ni l’activité physique, ni une alimentation équilibrée, ni un sommeil suffisant et encore moins un traitement médical lorsqu’il est nécessaire.

Ils doivent plutôt être considérés comme un outil complémentaire de bien-être et de récupération.

En résumé

Les infrarouges lointains transmettent de l’énergie aux tissus sous forme de chaleur et déclenchent différentes réponses physiologiques.

Ils peuvent notamment favoriser la vasodilatation et la circulation périphérique, provoquer une réponse adaptative au stress thermique, contribuer à la relaxation musculaire et influencer différents mécanismes cellulaires actuellement étudiés par la recherche.

C’est cette combinaison qui explique leur intérêt croissant dans les domaines du bien-être, du sport, de la récupération et de la thermothérapie.

La clé reste toutefois une utilisation raisonnable et adaptée à chaque personne.

En présence d’une pathologie, d’un traitement médical, d’une grossesse ou d’un problème cardiovasculaire, il est recommandé de demander conseil à un professionnel de santé avant d’utiliser régulièrement un sauna ou un dispositif infrarouge.